Introduction

Introduction
"Je veux être là où j'ai ma place, où ma présence a un sens et mes sens, une présence..."

Odieux

"Je ne peux avouer aimer ou non ma vie, car je n'en connais pas d'autre."

César

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 20:02

I

I
Après tout, c'est en débutant les choses que l'on prend conscience de la fin.
Je n'ai pas choisi de débuter cette vie, alors il m'est évident de ne jamais souhaiter sa fin. Cette vie est là, c'est à travers elle que je peux penser être ce que je suis, c'est en pensant que je prends conscience de cette vie. Je prends conscience du passé, de mon passé et de mes jours à venir. L'incertitude de ces derniers me plonge dans un terrible froid intérieur, tout en me faisant espérer une continuation évidente.
Je n'aime pas la mort. Ou plutôt le fait de cesser de vivre. D'exister.
De toute façon je ne peux avouer aimer ou non ma vie, car je n'en connais pas d'autre. La vie c'est ce moi existant, qui s'impose. L'existence d'un Moi m'amène autant aux joies qu'à cette fin absurde.
Je ne crois pas, malgré moi, à une quelconque vie future, tout comme avant la mienne il n'en fût point pour ce que je suis aujourd'hui. Je ne crois qu'au néant qui me glace de l'intérieur. Et bien pire : je ne peux imaginer ne plus penser et ne plus penser que j'ai un jour pensé. Ne plus vivre, et ne plus savoir que j'ai un jour vécu. Tout ceci m'essouffle d'impuissance. Et m'incite malgré tout à devoir continuer d'être jusqu'au bout.
D'être jusqu'à oublier à tout jamais cette vie inoubliable.

César

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 08:15

Modifié le vendredi 10 octobre 2008 19:37

II

II
La vie est éphémère.
Pourquoi ce tournant incessant qui m'élance vers une vie qui ne m'impose que son absurdité ? Je me meurs à me mouvoir dans ce monde où je n'ai pas ma place, puisque celui ou je devrais être n'existe pas. Je me force à fermer les yeux chaque soir, à me laisser emporter par cette vie que je n'ai pas choisie et à me perdre dans des désirs irréels. Pourquoi la vie ne peut être la Vie et doit être accompagnée de la mort, pourquoi le bien doit être accompagné du mal ? Pourquoi devrais-je souffrir pour être enfin heureux. Nous nous sommes tous condamnés à vivre une vie semblable dénuée de spontanéité. Si le monde va si mal c'est parce que l'humain ne peut plus aller mieux, me taire ou mourir, c'est donc cela ? Devoir accepter les choses telles qu'elles sont sans pouvoir les changer ? Je m'oppose à cette prison faite de chaires arrachées par cet amour meurtri. J'y sortirais car je ne peux vivre dans une vie qui ne m'a pas choisi et qui fait de chaque jour un monde déchu.
Je rejette ce passé qui ne me fait que souffrir, à ce présent qui ne m'apporte rien, à ce futur qui me hait déjà. Je ne veux plus me souvenir, je ne veux plus vivre, je ne veux plus prévoir.
Je veux être là où j'ai ma place, où ma présence a un sens et mes sens, une présence...
Je veux profiter de chaque instant empli d'un besoin vital... Sentir cette odeur indéfinissable, toucher cette matière intouchable, voir cette merveille qui m'éblouie, entendre ce souffle qui m'assourdis, et me sentir enfin humain...
Ta vie ne sera qu'une grande désillusion, car ton amour n'est qu'une illusion...
Cesses de vouloir choisir ta vie, dépêche-toi,
Choisi ton rêve...

Odieux

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 18:22

Modifié le vendredi 10 octobre 2008 20:08

III

III
Un homme digne de son humanité, doit un jour s'obliger au dilemme évident de la conscience du Soi. J'ai donc souvent songé à ce que pourrait être mon Etre sans nul chemin de réflexion, sans prise de conscience des complexes fatalités, tout comme j'ai sans cesse chéri ce Moi fier et pourtant solitaire qui imbibe mon identité et mes faits. Je me souviens bien sûr de ce que je fus un jour, de ce corps d'éphémère bambin qui frôlait les murs d'un chez-soi simplifié, d'une existence bien plus légère, dont les odeurs semblent encore enivrer sous l'emprise du vague à l'âme. Certes, tout ne s'affirme pas. Tout a péri.
Tout vient avec le temps, même le temps lui-même, toujours aussi cruel. La vie, l'espoir, le souvenir, la peur et la fin. La perte d'un seul, déséquilibre ou élimine notre Etre. Le temps, lui, n'existe plus dans le néant et il nous y mène, malgré cela, bien volontiers.
Les souvenirs blessants sont les choix du lendemain.
Alors oui, je m'enivre de ces joies simples vécues il fut un temps. Je pense déjà au jour où je perdrais mon essence actuelle pour le retrouver en partie plus tard. L'espoir nous y tiens toujours. Mes yeux se chargent de perles intimes, chaque pensée demeure alors dans cette brume si souvent marraine des jours futurs.
Je ne connais la réelle nostalgie que dans l'anticipation de celle-ci. Je sais que je regretterai mon amour accordé aujourd'hui. Au moins je pourrais en faire une chose, y penser. Me dénaturer, à mon avis : jamais.

César

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 19:42

Modifié le samedi 08 novembre 2008 08:41